Culture, Lectures, Pour un monde meilleur

Souvenirs de Billie Holiday, par Françoise Sagan, en soutien au mouvement Black Lives Matter

Aujourd’hui, je souhaite partager un extrait choisi d’un livre audio lu par son autrice, portrait lucide et poignant de Billie Holiday par Françoise Sagan, en soutien solidaire au mouvement Black Lives Matter.

Avec mon meilleur souvenir, immortalisé à La Bibliothèque des voix, s’ouvre sur la rencontre de Françoise Sagan avec Billie Holiday, la chanteuse adorée de son adolescence. Elle va jusqu’au Connecticut rien que pour l’entendre chanter, puis des années après, elle la retrouve à Paris, diminuée et affaiblie. C’est cette seconde rencontre que restitue ici l’autrice dans sa lecture, en 1986. Elle nous fait partager le choc de comprendre soudain, parce qu’elle le voit sur une femme qu’elle admire, les ravages du racisme systémique aux États-Unis d’Amérique, qui use et brutalise ses citoyen·ne·s noir·e·s jusqu’à la mort, dans l’indifférence criminelle du reste du monde.

Extrait d’« Avec on meilleur souvenir » de Françoise Sagan, enregistré par elle-même en 1986
pour La Bibliothèque des voix

Il est insupportable que ce texte, que les éditions des femmes ont choisi de porter aux oreilles du public dans les années 1980, soit toujours d’actualité au siècle suivant, en l’an 2020.

Depuis des années que je suis le mouvement Black Lives Matter, je porte le deuil de George Floyd, d’Adama Traoré, de Breonna Taylor, d’Eric Gardner et de toutes les victimes agressées et assassinées par la haine raciste, et ne peux exprimer que le choc, la tristesse et la colère que suscitent toutes les violences, policières ou autres, exercées sous couvert d’ineptes idéologies qui hiérarchisent les vies humaines et les anéantissent.

Il est grand temps que les Blanc·he·s de par le monde refusent publiquement de se taire et de fermer les yeux face à ces crimes, où qu’ils aient lieu, en « insouciants barbares de l’Histoire. »

Harmony

écriture, Culture, Lectures, Pour un monde meilleur, Théâtre, Vie de la Table

« La Mort et l’Écuyer du roi » de Wole Soyinka (1975)

Vous ai-je déjà parlé de cette pièce de théâtre stupéfiante, Death and the King’s Horseman de Wole Soyinka, connue en français sous le titre La Mort et l’Ecuyer du roi ?

Wole Soyinka
au sortir d’un théâtre
au Festivaletteratura
de Mantoue en 2019
(licence Creative Commons)

Quand j’ai découvert en khâgne le texte de cette pièce, grâce à notre professeure d’anglais de Fénelon, Mme Catherine Letellier, qui nourrissait un intérêt pour les littératures post-coloniales et notamment celles d’Afrique de l’Ouest (et que je salue et remercie), ce fut un choc retentissant. Soudain, j’ai cru voir se dessiner une nouvelle dimension…

Il m’a fallu aller plus loin. Quelques années après, je signais à la Sorbonne un mémoire sur huit tragédies du génie nigérian Wole Soyinka.

Cela a confirmé et approfondi ma perception première : depuis, j’ai appris à percevoir l’univers d’une nouvelle façon, plus riche et plus complexe, plus à même de recouvrir et d’expliquer les infinies imbrications et implications de la réalité.

Je ne vous résumerai pas la pièce, car je l’ai déjà fait de façon bien exhaustive et accessible à toutes et à tous : l’an dernier, j’ai créé et rédigé l’intégralité de la page Wikipédia francophone de La Mort et l’Écuyer du roi, à l’occasion de la première édition de son Mois africain.

Lisez-y le début et la mise en contexte, mais faites attention de ne pas vous gâcher les surprises : j’ai pris soin de présenter ce chef-d’œuvre en profondeur, jusque dans des détails où se logent parfois les clefs. Une fois la pièce lue, vous pourrez aussi aller plus loin en lisant ces explications informées que j’ai pu partager grâce à mes recherches.

Cette initiative a pour objectif de pousser à un déclic. Wole Soyinka a beau avoir été honoré en 1986 du prix Nobel de littérature, cette pièce époustouflante n’a à ce jour, à ma connaissance, jamais été jouée sur le sol français, malgré une édition française du texte et une première francophone au Sénégal. Elle mérite pourtant d’être lue, jouée, vue, car elle recèle une puissance transformatrice titanesque et le monde soi-disant « blanc », plus que nul autre, a besoin d’écouter ce qu’elle a à lui dire. Et je veux œuvrer à cet avènement.

Que les fractales lui soient propices,

Harmony