Vie de la Table

Bilan 2020

Cette année passée, et pas la moins mouvementée pour toute la planète…

  • j’ai pris mon poste aux éditions des femmes-Antoinette Fouque, prenant particulièrement en charge la collection de livres audio « La Bibliothèque des voix » (je triche un peu, c’était en décembre 2019, mais en janvier 2020, ça y est, mon adorable prédécesseure Marie Debrouwère m’a enlevé les petites roues et je volais de mes propres ailes !) ;
  • j’ai assuré les rééditions de 15 titres du fonds de la collection à l’occasion de son 40e anniversaire ;
  • j’ai créé le SoundCloud de la collection et développé la chaîne YouTube des éditions avec des extraits de nos livres audio ;
  • j’ai assisté à la remise des prix de l’Académie Charles Cros en accompagnant Francesca Isidori, directrice artistique, et Anouk Grinberg pour la réception de ses deux Coups de cœur pour ses lectures de Colette, Lettres à Missy et La Vagabonde ;
  • j’ai de même assisté au CNL à la remise du Prix du public de La Plume de Paon à Anna Mouglalis pour sa lecture vibrante du poème Le Gars de Marina Tsvétaïeva ;
  • j’ai assuré la mise en vente numérique de nombreux titres du fonds de la maison, de vrais trésors à (re)découvrir, et je reste particulièrement marquée par les lectures de Nathalie Sarraute ;
  • j’ai assisté en ligne à la remise des prix du Goncourt des lycéens à Djaïli Amadou Amal pour son roman Les Impatientes

Question lectures, j’ai passé l’année avec :

Question productions personnelles et apprentissage, ce fut une année hautement expérimentale :

  • j’ai vu un de mes poèmes publié au printemps dans la revue poétique Pierres d’Encre, puis il a été joliment mis en voix par Sarah Kügel ;
  • j’ai profité du premier confinement pour traduire une deuxième pièce de théâtre, la comédie en huis clos Les Mauvaises Sœurs d’Alma De Groen, pour égayer mon confinement (j’étais malade, mais j’ai bien ri !) ;
  • j’ai participé à ma manière aux ateliers d’écriture La Grenade ;
    j’ai pu voir un de mes poèmes mis en vidéo dans un melting-pot audiovisuel par Alex Safar, a.k.a. la Nomade ;
  • je me suis éclatée à développer mon compte Instagram, où j’ai fait de chouettes découvertes et de belles rencontres (j’ai même osé y pincer quelques notes de harpe en vidéo, une première) ;
  • j’ai approfondi ma connaissance et développé un rapport de plus en plus étroit avec le tarot ;
  • j’ai publié ma première traduction militante sous forme d’ebook : Le Mariage et l’Amour d’Emma Goldman ;
  • j’ai vu en fin d’année une de mes photographies publiée dans un livre qu’il me reste encore à vous présenter… !

Quand je jette un coup d’œil en arrière, je me rends compte combien cette année 2020, au cours de laquelle j’ai soufflé ma 30e bougie, était riche en découvertes, en amusements et en expériences et m’a permis de croître et d’évoluer sur de multiples plans en dépit du confinement qui nous a toutes et tous cloîtré·e·s chez nous.

Cela promet pour 2021 !! Je vous réserve de belles surprises.

Merci de m’avoir suivie pendant ces 365 jours de folie. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, pour cette nouvelle année, que les fractales vous soient plus que jamais propices !

Harmony

Culture, Lectures

« Lettres à la lune » de Fatoumata Kebe (2020)

Je vous ai parlé plus tôt dans l’année de La Lune est un roman de Fatoumata Kebe, qui a illuminé mon confinement. Ainsi, quand j’ai appris qu’un nouveau livre de cette astrophysicienne sortait cet été, c’est tout naturellement que j’ai couru en librairie me le procurer.

Les Lettres à la lune, aussi publiées aux éditions Slatkine & Cie, sont un recueil, constitué et présenté par l’autrice, d’histoires et de textes consacrés à la lune à travers les époques et différentes cultures, depuis les mythologies anciennes jusqu’aux balbutiements de la science-fiction, en passant par la poésie romantique et symboliste ou encore la chanson.

J’ai apprécié de parcourir cette diversité d’inspiration et d’esthétiques. Toutefois, l’ensemble reste une compilation, où Fatoumata Kebe se place discrètement au second plan. L’ensemble est ainsi moins « personnel », si je puis dire, car moins porté par le regard scientifique qui m’a tant plu dans le premier volume, et qui éclairait les mystères de cet astre familier.

C’est en définitive plus un excellent point d’entrée pour qui souhaite se plonger dans des recherches plus approfondies sur des textes lunaires, en donnant des idées de références à explorer et des extraits choisis qui ont un goût de revenez-y. Je le garde précieusement pour retrouver plus tard, dans leur entièreté, les textes qui ont nourri la passion de cette scientifique.

Mais je vous avoue : après ces deux lectures successives, j’attends maintenant la troisième et ultime publication, pour terminer ce beau cycle lunaire !

Que les fractales vous soient propices,

Harmony

écriture, Vie de la Table

« Pierres d’Encre 9 » par Le Temps des Rêves

Belle surprise de la fin de semaine : j’ai eu le plaisir d’enfin recevoir mon adorable exemplaire de Pierres d’Encre 9, édité par Le Temps des Rêves, dans lequel figure mon petit poème en prose « Communication ».

Les envois ont été retardés à cause du confinement, une mauvaise fortune que l’association littéraire a su prendre avec bon cœur en se surpassant et faisant des adaptations audio et vidéo des poèmes de la revue. Mon poème à été interprété et mis en images avec brio par l’artiste Sarah Kügel… Je n’en reviens toujours pas !

Maintenant j’ai mon exemplaire à moi et il me fait fondre. J’adore cet étonnant format carré, et même si je l’avais déjà vu en photo, je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si mignon !

C’est un délice de retrouver les poèmes découverts un par un tout au long du confinement et de les redécouvrir par des sens nouveaux.

De surcroît, les illustrations noir et blanc de Hannah Papacek Harper sont tout en délicatesse.

En vérité, j’ai l’impression d’avoir reçu un petit carré de paix et de douceur qui met du baume au cœur après une période bien sombre. Je l’ai reçu après orage qui a déchiré le ciel de Paris, et juste le soir de la pleine lune à l’éclipse pénombrale.

De belles pages qui se tournent, des poètes et poétesse à connaître, un plaisir de revenir quelques pages en arrière avec une note gourmande de revenez-y, et de nouveaux horizons qui se déploient…

Si vous voulez votre propre exemplaire, vous pouvez vous procurer le nouveau numéro de la revue, ainsi que toutes les autres publications du Temps des Rêves, à cette adresse.

Merci à toute l’équipe du Temps des Rêves, et à bientôt pour de nouvelles ondes !

Harmony

Lectures

« Élégies – Chants nocturnes » de Friedrich Hölderlin (1770-1843)

Chaque soir depuis le début de mon confinement, j’ai lu un poème de Friedrich Hölderlin avant de m’endormir.

Je les ai choisis pour la nuit du titre, le silence de l’aquarelle par Marianne K. Leroux, le calme que m’inspire le grain de la couverture artisanale sous la pulpe de mes doigts.

Les vers de Hölderlin sont longs et libres, les lire à voix basse allonge la respiration, les images du poète apaisent. Ils allument dans mon esprit les lumières naturelles et font pousser la nature qui manquent dans le lieu de ma réclusion.

Parfois, cependant, je grimace d’une traduction malheureuse ; puis je me console d’un coup d’œil sur les pages gauches de cette édition bilingue de l’Atelier du Grand Tétras.

Je suis loin d’être une germaniste patentée, mais je sais suffisamment d’allemand pour m’irriter que « Menschen » (les gens) soit traduit par « les hommes ». Quand le poète distingue lui-même « der Mensch » (la personne, l’être humain) de « der Mann » (l’homme), cela devient une erreur de compréhension de les uniformiser en français.

Raoul de Varax testostérone à outrance des vers qui n’ont pas lieu de l’être. Soulagée que la faute en incombe au traducteur, et non au poète, qui s’en trouve trahi. Ainsi, triste preuve s’il en faut qu’un Français du XXIe siècle peut être plus machiste qu’un Allemand du XIXe.

Combien de fois devra-t-on expliquer aux Français que les hommes n’ont pas le monopole de l’humanité ?

Ainsi, j’aurais pu, par agacement, passer à côté du poète. Heureuse, donc, d’avoir su assez d’allemand pour ne pas me brouiller avec Hölderlin. En lisant de ses poèmes sur les paysages des îles de Grèce, qu’il a en imagination aimées comme je les ai aimées, je m’en suis rappelé le soleil, les étoiles, les roches inégales qui renvoient la lumière, la végétation sèche et généreuse. J’avais le goût, invraisemblablement, du miel et du fromage de brebis plein la bouche, et des feuilles de vigne de mon adorable Crète. Le climat où mon corps s’épanouit le mieux, où ma peau prend des couleurs et où les nuits sont douces.

En fermant ce livre, je me suis promis que je lirai encore du Hölderlin à l’avenir.

Que les fractales vous soient propices,

Harmony

Lectures

« Textes pour un poème, Poèmes pour un texte » d’Andrée Chedid, avec Bernard Giraudeau (1991)

Aujourd’hui, le 20 mars 2020, la poétesse Andrée Chedid aurait eu cent ans.

Cet anniversaire de son centenaire, je l’ai fêté dans un bain de douceur. Vêtements amples et chauds, thé au jasmin, chocolat praliné dans la bouche, et à l’oreille la poésie de Chedid, portée par sa voix et les graves apaisants de Bernard Giraudeau. Accompagnés de musique – mandoline, harpe, flûte de Pan, fifre, léger tambour… –, ces poèmes sont un baume et un cadeau en ces temps de chaos et d’angoisse.

livre audio lu par
Andrée Chedid & Bernard Giraudeau
à La Bibliothèque des voix

Cette écoute m’a réconfortée. Elle m’a apporté la paix, la respiration tranquille et la sérénité d’une séance de méditation.

En cette période anxieuse de confinement, je le recommande à tous et à toutes, mais surtout aux personnes malades, aux convalescent·e·s et à celles qui manquent de calme et d’espoir et qui veulent les retrouver.

(Astuce : les livraisons sont compromises, mais l’enregistrement peut être acheté en ligne au format numérique, par exemple sur le site de Kobo. C’est une autre façon de ne pas abandonner le marché du livre.)

Je vous laisse avec un de ces poèmes lumineux et à bientôt pour de nouvelles ondes,

Harmony

Jeunesse,
Jeunesse qui t’élances dans les fatras des mondes,
Ne te défais pas à chaque ombre,
Ne te courbe pas sous chaque fardeau,
Que tes larmes irriguent
Plutôt qu’elles ne te rongent.

Garde-toi des mots qui se dégradent,
Garde-toi du feu qui pâlit,
Ne laisse pas découdre tes songes
Ni réduire ton regard.

Jeunesse,
Entends-moi :
Tu ne rêves pas en vain.

Andrée Chedid