Culture, Pour un monde meilleur

Le règne des Césars

« Dans la France du début du XXIème siècle, » lira-t-on plus tard dans les livres d’Histoire, « on honorait encore publiquement les hommes violeurs et sadiques en leur attribuant des dons surnaturels, supérieurs à la moyenne, notamment dans le domaine de l’art.

Leurs œuvres faisaient l’objet de distinctions spéciales et ils recevaient plus que toute autre catégorie de la population des subsides publiques afin de poursuivre leur carrière dans des conditions extraordinairement favorables, et donc rendre effective cette prophétie auto-réalisatrice.

Ainsi, Roman Polanski, criminel violeur notoire en fuite dans son pays, reçut le financement public de la Région Île-de-France, ainsi que le soutien et la collaboration de vedettes de la culture française de l’époque, jouissant d’une grande popularité, afin de réaliser le film J’accuse, distordant les faits réels de l’erreur judiciaire la plus emblématique de France, mais néanmoins nommé 12 fois aux Césars du cinéma.

Alors que des talents cinématographiques époustouflants étaient en lice face à lui, le prix du Meilleur réalisateur fut donc attribué au seul candidat connu pour être un violeur en série d’adolescentes, dans une indifférence quasi générale.

Seules quelques femmes quittèrent la salle en signe de protestation, et quelques autres n’exprimèrent ensuite que quelques plats regrets. »