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« La Mort et l’Écuyer du roi » de Wole Soyinka (1975)

Vous ai-je déjà parlé de cette pièce de théâtre stupéfiante, Death and the King’s Horseman de Wole Soyinka, connue en français sous le titre La Mort et l’Ecuyer du roi ?

Wole Soyinka
au sortir d’un théâtre
au Festivaletteratura
de Mantoue en 2019
(licence Creative Commons)

Quand j’ai découvert en khâgne le texte de cette pièce, grâce à notre professeure d’anglais de Fénelon, Mme Catherine Letellier, qui nourrissait un intérêt pour les littératures post-coloniales et notamment celles d’Afrique de l’Ouest (et que je salue et remercie), ce fut un choc retentissant. Soudain, j’ai cru voir se dessiner une nouvelle dimension…

Il m’a fallu aller plus loin. Quelques années après, je signais à la Sorbonne un mémoire sur huit tragédies du génie nigérian Wole Soyinka.

Cela a confirmé et approfondi ma perception première : depuis, j’ai appris à percevoir l’univers d’une nouvelle façon, plus riche et plus complexe, plus à même de recouvrir et d’expliquer les infinies imbrications et implications de la réalité.

Je ne vous résumerai pas la pièce, car je l’ai déjà fait de façon bien exhaustive et accessible à toutes et à tous : l’an dernier, j’ai créé et rédigé l’intégralité de la page Wikipédia francophone de La Mort et l’Écuyer du roi, à l’occasion de la première édition de son Mois africain.

Lisez-y le début et la mise en contexte, mais faites attention de ne pas vous gâcher les surprises : j’ai pris soin de présenter ce chef-d’œuvre en profondeur, jusque dans des détails où se logent parfois les clefs. Une fois la pièce lue, vous pourrez aussi aller plus loin en lisant ces explications informées que j’ai pu partager grâce à mes recherches.

Cette initiative a pour objectif de pousser à un déclic. Wole Soyinka a beau avoir été honoré en 1986 du prix Nobel de littérature, cette pièce époustouflante n’a à ce jour, à ma connaissance, jamais été jouée sur le sol français, malgré une édition française du texte et une première francophone au Sénégal. Elle mérite pourtant d’être lue, jouée, vue, car elle recèle une puissance transformatrice titanesque et le monde soi-disant « blanc », plus que nul autre, a besoin d’écouter ce qu’elle a à lui dire. Et je veux œuvrer à cet avènement.

Que les fractales lui soient propices,

Harmony

Culture

Léonard de Vinci, au Musée du Louvre

Cette année, le Père Noël a pris pour moi les traits de Léonard de Vinci. C’est bien l’exposition qui lui est dédiée que j’ai pu visiter au Louvre en cette fin décembre.

Léonard de Vinci est un artiste et penseur que j’aime depuis très longtemps. C’est peut-être même le premier dont j’ai entendu parler, grâce à l’admiration de ma mère pour son œuvre. J’aurais aimé qu’elle soit là avec moi pour le voir, et je suis triste pour elle que les billets se soient déjà tous envolés… (PS : et finalement nous avons réussi à y retourner ensemble ! N’y a-t-il pas parfois de joyeux retournements de situation dans la vie ?)

Fragment de génie,
carnets de Léonard de Vinci

Je suis sortie du Louvre avec le cœur et l’esprit en fusion, débordante d’un enthousiasme intellectuel explosif et d’une sérénité stellaire.

« Il a pensé les fractales !
Je l’ai vu dans ses croquis, dans ses carnets !
Il a compris que les arbres, le vivant, la nature
se développent en fractales !
L’Afrique le savait déjà depuis longtemps ;
mais pour l’Europe,
il avait cinq siècles d’avance ! »

Je ne peux vous montrer le dessin de sa main en question, car je n’ai pu prendre en photo la page de carnet : deux gardes chiourmes du musée empêchaient de les immortaliser sans flash, protégeant les prérogatives de leurs propriétaires.

Mais je l’ai vu et je le sais : Leonardo l’a observé et l’a compris. Et ça lui a suffi.

La Scapiliata, soit L’Échevelée,
par Léonard de Vinci

Cela m’a remplie d’une joie pure et simple et d’un élan de reconnaissance et d’amour fraternel un peu fou pour cet homme qui a vécu il y a six siècles et qui aimait comprendre pour comprendre.

Il y a quelque chose de doux là-dedans. Une intelligence tranquille, à l’image de tous ses portraits de femmes qui dégagent une sagesse paisible, une compréhension de tout qui les rend indulgentes, bienveillantes, compatissantes. Je crois que cet homme était doté de cette intelligence qui rend bon, cette tendresse face à la vie et aux autres.

C’est en cela que pour moi il représente une forme d’idéal, là où l’humanité doit tendre. De tous ses accomplissements, c’est le moins évoqué, et pourtant celui qui vient transcender tous les autres.

Chères personnes qui me lisent, vous comprendrez cette fois-ci mes bons vœux en cette fin d’année pour l’année à venir : que les fractales vous soient propices,

Harmony