édition, Culture, Traductions

« Le Mariage et l’Amour » d’Emma Goldman (1914)

Premier livrel d’une nouvelle série de traductions féministes

On pense généralement au sujet du mariage et de l’amour que l’un et l’autre sont synonymes, qu’ils prennent leur source dans le même élan, et qu’ils répondent aux mêmes besoins humains. Comme la majorité de ce qu’« on » pense généralement, cette opinion repose non pas sur des faits réels, mais relève de la superstition.

Emma Goldman, Le Mariage et l’Amour (1914)

Chères lectrices, chers lecteurs,

Il est temps de vous annoncer une bonne nouvelle : la Table d’Harmony se fait petite maison d’édition indépendante !

Ma traduction de l’essai d’Emma Goldman Le Mariage et l’Amour (1912) est désormais disponible en livrel*, aux formats Kindle ainsi qu’ePub sur Kobo, Google Play Livres et le site de la Fnac.

C’est ma première publication indépendante, créée dans une perspective militante. L’objectif est de rendre facilement accessibles en français, et à mon rythme, de courts textes critiques de figures du féminisme anglophones méconnues en France et dans le monde francophone.

Dans cet essai de 1914 de l’anarchiste et féministe Emma Goldman, le mariage est mis sur le banc des accusés, au même titre que l’exploitation capitaliste. Contrat de dupe sous l’égide des religions et de l’État, l’amour y est l’appât accroché à son hameçon et la femme le poisson préparé dès la naissance pour être consentant. L’autrice dépouille l’institution conjugale de son mysticisme romantique et de sa respectabilité au nom de la défense des droits des femmes et des enfants. Aussi farouchement critique qu’optimiste, Le Mariage et l’Amour est un plaidoyer en faveur de la maternité et de l’amour libres.

Vous pouvez d’ores et déjà télécharger votre exemplaire en ligne à petit prix, découvrir le texte dans ma traduction et me faire vos retours, toujours précieux.

Surtout, dites-moi si l’initiative vous intéresse et si vous voulez découvrir d’autres textes à l’avenir. Ce n’est là qu’un début !

Bonne lecture à tou·te·s, et que les fractales vous soient propices !

Harmony

* Oui, « livrel » est bien la traduction de l’anglais ebook. N’est-ce pas joli ? Pourquoi ne pas l’utiliser davantage ?

PS : Dernières mises à jour le 14 juillet 2020 pour la mise en disponibilité du livrel sur Kobo et le 17 juillet pour la Fnac, puis pour sa sortie sur Google Play Livres en novembre 2020.

correction, Lectures, Pour un monde meilleur

« La Tyrannie du silence » de Claire Maximova (2019)

Mon premier billet littéraire et première recommandation de lecture que je souhaite partager à ma Table seront consacrés à un bijou très particulier, éclos dans l’année en cours, qui a pour moi une importance spéciale.

Le mois de janvier 2019 à été marqué par la sortie de l’autobiographie La Tyrannie du silence de mon amie Claire Maximova.

Pierre à l’édifice du mouvement #metoo, elle a participé aux nombreuses dénonciations des violences sexuelles subies par des sœurs aux mains de prêtres, rarement punis, souvent promus, dans l’Église catholique : un scandale que son violeur, seulement déplacé au Canada, pensait ne jamais voir exploser car, disait-il, le public était trop occupé à n’y chasser que les  « pédophiles »…

« La Tyrannie du silence » de Claire Maximova (couverture)

Ce texte, dont j’ai eu le privilège de corriger en amont plusieurs chapitres, est d’une force peu commune. Malgré la longueur de l’ouvrage, les chapitres courts et enlevés se lisent avec rapidité et on ne voit pas les pages passer. Leur plus grande qualité est leur puissance immersive : on comprend au fil des pages comment le couvent des carmélites a sapé l’énergie débordante de l’autrice et a détruit son estime d’elle-même avant que son agresseur saisisse cette occasion pour fondre sur sa victime affaiblie.

Ce n’est donc pas juste la dissection du mode opératoire d’un homme singulier, surnommé Pierre-Judas, qu’opère ce livre, mais celle de toute une institution et d’une culture qui infantilisent et déstabilisent leurs plus fidèles adeptes sous leur autorité pour les abandonner et les diaboliser au moindre sursaut d’amour-propre ou de quête de justice.

Ça ne m’a donc pas surprise quelques mois plus tard de voir figurer La Tyrannie du silence parmi les finalistes du prix Jean-Jacques Rousseau, qui récompense les plus belles autobiographies à Montmorency.

Un beau travail aussi de l’équipe éditoriale du Cherche Midi qui, je sais, a travaillé avec cœur et respect auprès de Claire pour cette remarquable publication. 

À bientôt pour de nouvelles ondes,

Harmony