Vie de la Table

Bouche à oreille…

Juste avant le confinement, une amie m’envoie cette photo :

La photo surprise reçue de Zoé
de toutes les nouvelles de KM
réunies chez Wordsworth Classics

« Regarde ce que j’ai reçu ! »

Je devine qu’elle me l’envoie personnellement parce que cela me parle : comme je vous l’ai dit plus tôt, la première pièce de théâtre que j’ai traduite et adaptée et que je cherche à faire mettre en scène, Les Fleuves de Chine d’Alma De Groen, a pour protagoniste l’écrivaine néo-zélandaise Katherine Mansfield.

Mais quand en avons-nous parlé ?…

« C’est ton article de blog qui m’a donné envie de la découvrir ! »

Cela m’a fait sourire : je ne me souvenais pas qu’elle l’avait lu et je ne m’attendais pas à l’influencer ainsi, sans même le savoir.

Par conséquent, la voici confinée avec Katherine Mansfield. On ne peut rêver meilleure compagnie !

Pour découvrir des nouvelles de Katherine Mansfield, celles et ceux qui lisent couramment l’anglais peuvent en trouver bon nombre sur Internet, car elles sont maintenant libres de droits.

Vous pouvez aussi en trouver des lectures enregistrées. Par exemple, j’ai écouté cette semaine The Canary, lu par la comédienne britannique Lisa Armytage, sur Soundcloud.

Je vous souhaite une bonne découverte ou redécouverte et à bientôt pour de nouvelles ondes !

Harmony

PS : Cette amie m’apprend aussi qu’elle n’a pas pu laisser les commentaires qu’elle voulait au bas des articles, car la configuration par défaut exige d’être connecté·e à un compte WordPress pour être autorisé·e à laisser des messages. Je ne m’en rendais pas compte et vais tenter d’y remédier, sans me retrouver avec une option ouverte à tous vents qui m’inonderait de pourriels en tout genre. En attendant, vous pouvez toujours partager les articles qui vous intéresse et les commenter dans vos partages pour me soutenir. Je pourrai ainsi voir votre appréciation et vous en serai reconnaissante.

édition, Culture, Vie de la Table

La Bibliothèque des voix

En décembre dernier, j’ai été accueillie aux éditions des femmes-Antoinette Fouque, maison historique qui a marqué à son émergence et pour toujours le paysage éditorial français. Après une passation tout en douceur avec ma prédécesseure Marie Debrouwère, que je salue et envers qui je suis profondément reconnaissante, me voici maintenant secrétaire d’édition de La Bibliothèque des voix.

Qu’est-ce que « La Bibliothèque des voix » ?

Inventée en 1980 sous un autre nom par la fondatrice de la maison, mais vite rebaptisée sous celui-ci, La Bibliothèque des voix est la première collection dans une maison d’édition française entièrement consacrée à des livres audio.

À l’époque, face à ces « livres parlants » enregistrés sur cassettes, on crie à la mort du livre ! Pourtant, les plus grandes voix du théâtre et du cinéma français viennent tour à tour faire cadeau de leur souffle et de leur timbre pour immortaliser sous ce format innovant des chefs-d’œuvre de la littérature française et mondiale. Michèle Morgan, Jeanne Moreau, Jean-Louis Trintignant, Fanny Ardant, Nathalie Baye, Isabelle Huppert, Daniel Mesguich, Isabelle Adjani… offrent leur voix à la Bibliothèque dont les rayons s’allongent et s’emplissent d’année en année, de décennies en décennies.

Fonder des bibliothèques, c’était encore construire des greniers publics, amasser des réserves contre un hiver de l’esprit qu’à certains signes, malgré moi, je vois venir.
Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien

Évidemment, le livre n’en est pas mort pour autant et se porte très bien. Peut-être même encore mieux : puisque pour être lu à La Bibliothèque des voix, encore faut-il l’écrire, ce livre. D’ailleurs, les autrices et auteurs ne s’y sont pas trompé·e·s : Andrée Chedid, Nathalie Sarraute, Françoise Sagan, Julien Gracq, Hélène Cixous, Jacques Derrida, Marie Darrieussecq, Isabelle Carré… viennent lire leurs œuvres figées pour leur redonner le corps et la vibration qu’elles ont perdu·e·s sur la permanence de la page. Il y a quelque chose d’infiniment émouvant et troublant à entendre un texte lu et partagé par la voix de la personne même qui l’a écrit dans le silence et la réclusion.

Se voulant éternel
Il fixa son oreille
Sur la coquille du monde
À l’écoute
D’une voix souterraine
Qui l’escorte — le guide
Et l’agrandit 
Andrée Chedid, Rythmes

Ainsi, les livres de La Bibliothèque des voix sont des joyaux aux multiples facettes : objets d’art, documents historiques, souvent accompagnés de musique, parfois d’éléments de texte inédits, ils ont chacun leur cachet propre, leur raison d’être particulière et, perle après perle, forment ensemble un trésor inestimable de culture et d’humanités.

Cette année, la collection fête son quarantième anniversaire. Entre temps, les supports d’enregistrement et d’écoute ont changé, en accord avec les innovations technologiques des temps qu’elle traverse : de la cassette au CD, du CD au CD MP3, du CD MP3 au téléchargement numérique… Mais la qualité, l’élégance et la passion, elles, demeurent.

J’ai la chance d’arriver à ce moment charnière de son histoire et je suis heureuse de pouvoir apporter ma pierre à ce somptueux édifice.

À bientôt pour de nouvelles ondes,

Harmony