Culture, Théâtre, Traductions

« Les Fleuves de Chine » : les personnages historiques – J.M.M. 2/3

Deuxième dans la série des présentations en l’honneur du 131e anniversaire de Katherine Mansfield, je vous présente son époux, John Middleton Murry, un des personnages historiques qui apparaît face à elle dans la pièce de la dramaturge néo-zélandaise Alma De Groen, Les Fleuves de Chine.

John Middleton Murry

John Middleton Murry (1889-1957), né à Londres, est un critique littéraire britannique majeur du début du XXe siècle. Il étudie à Oxford, se lie entre autres avec le romancier D. H. Lawrence, son épouse la traductrice allemande Frieda Lawrence, née von Richthofen (avec laquelle il aura une liaison), et le poète T. S. Eliot.

John Middleton Murry

C’est en 1911 qu’il rencontre Katherine Mansfield, via leur ami l’écrivain socialiste et féministe, alors très populaire et snobé par la critique, W. L. George. Ils débutent une relation en dents de scie où elle le quittera à plusieurs reprises. Rédacteur en chef de la revue littéraire et artistique Rhythm, il rejette la première contribution de la nouvelliste néo-zélandaise et exige une histoire plus « sombre ». Elle lui servira The Woman at the Store, mêlant folie et meurtre, qu’il fera alors paraître, mais qu’elle-même apprécie peu et trouve conventionnelle dans sa forme. Ainsi commence leur collaboration, longue et prolifique, mais aussi teintée d’insatisfaction.

Ensemble, John Middleton Murry et Katherine Mansfield cofondent avec D. H. Lawrence en 1914 la revue The Signature, vite disparue. Murry devient en 1919 l’éditeur du magazine littéraire The Athenaeum, où contribue alors Mansfield aux côtés des membres du fameux Bloomsbury Group. Il publiera également ses nouvelles dans The Adelphi, qu’il fonde en 1923, peu avant avant le décès de l’autrice.

Mansfield et Murry vivent ensemble, puis séparé·e·s, puis se retrouvent et partagent un mode de vie cosmopolite, presque nomade, en Angleterre, en France, en Suisse… Quand elle contracte la tuberculose, il finit par l’épouser et devient son second époux. Elle expirera cinq ans plus tard, son souvenir entêtant marquant cependant les trois autres mariages successifs du veuf, au point qu’il nommera sa fille aînée d’après elle, Katherine.

Éditeur de Katherine Mansfield au-delà de la mort, choisi comme exécuteur testamentaire, John Middleton Murry publiera l’entièreté de ses écrits dans une édition intégrale. Un choix allant à l’encontre des vœux de l’autrice, qui lui demandait de brûler tout écrit de sa plume qu’elle n’aurait pas eu le temps d’achever.

Dans Les Fleuves de Chine d’Alma De Groen, John Middleton Murry ne figure que dans une seule et importante scène en début de pièce, bien que son influence perdure tout au long. Il s’agit de l’Acte I, scène 3, que vous pouvez lire en français dans ma traduction dans le numéro de mai 2019 du Heron, la revue littéraire de la Katherine Mansfield Society.

Il y apparaît comme un époux moitié aimant, moitié négligent, qui vaque à ses occupations professionnelles et quotidiennes face à une Katherine Mansfield affaiblie et ralentie par la maladie, qui ne peut plus le suivre et se sent abonnée. Il refuse obstinément de l’écouter quand elle parle de sa probable mort prochaine et tente en vain de l’empêcher de se rendre à l’Institut pour le Développement harmonique de l’Homme de Gurdjieff, qu’il traite de charlatan…

À bientôt pour le prochain personnage historique de la pièce et pour de nouvelles ondes,

Harmony

NB : Vous travaillez dans le monde du spectacle ou de l’édition,
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metteuse ou metteur en scène, comédienne ou comédien,
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2 réflexions au sujet de “« Les Fleuves de Chine » : les personnages historiques – J.M.M. 2/3”

  1. 1923 – 2023, Deux dates cruciales pour les fidèles lecteurs de cet écrivain – (cette écrivaine ?) unique que fut Katherine Mansfield. !
    Je me suis souvent demandée : que serait-il advenu si Katherine n’était pas partie à Avon, rejoindre Gurdjief ? Si elle avait suivi les conseils de John, son mari ? …
    Avec mes respectueuses salutations.
    Diane

    Aimé par 1 personne

  2. C’est une question intéressante que n’explore pas cette pièce, qui s’intéresse davantage à cette zone trouble du passage de la nouvelliste chez Gurdjieff.
    Mais peut-être une piste de fiction uchronique pour une écrivaine inspirée par l’écriture et la figure de Mansfied ?…
    Comme vous le soulignez, nous atteignons bientôt le centenaire de sa mort. J’espère que cette pièce pourra être montée en France à cette occasion et susciter un regain d’intérêt pour son œuvre.
    Merci pour votre lecture et à bientôt.

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