Culture, Théâtre, Traductions

« Les Fleuves de Chine » : les personnages historiques – K.M. 1/3

Cette semaine, pour le 131e anniversaire de la naissance de Katherine Mansfield, le 14 octobre 1888, j’ai décidé de vous présenter, à commencer par elle puisqu’elle en est l’héroïne, les trois personnages historiques présents dans la pièce australienne, traduite et adaptée par mes soins : Les Fleuves de Chine d’Alma De Groen (1987).

Présentons donc le rôle principal : celui de la nouvelliste néo-zélandaise Katherine Mansfield.

Katherine Mansfield

Katherine Mansfield, nom d’autrice de Kathleen Beauchamp, épouse Murry (1888-1923), est née et passe son enfance à Wellington, en Nouvelle-Zélande, qu’elle quitte à 19 ans pour étudier en Angleterre. Alors qu’elle envisageait une carrière de violoncelliste et que son père la destinait à la comptabilité, elle se prend au jeu de contribuer au journal universitaire du Queen’s College de Londres, tant et si bien qu’elle en devient l’éditrice. Elle commence ainsi à marcher dans les traces de son illustre cousine, de 22 ans son aînée, la romancière britannique Elizabeth von Arnim (1866-1941).

Très tôt, Katherine Mansfield est à rebours de son temps. Elle ressent très jeune l’injustice que subissent les Maoris colonisés en Nouvelle-Zélande et Maata Mahupuku, alias Martha Grace, descendante d’un chef de tribu, sera son premier amour. En Angleterre, elle tombe enceinte d’un homme, en épouse en catastrophe un autre, qu’elle quitte aussitôt. Sa mère, qui soupçonne à tort une idylle avec son amie Ida Baker comme cause de la rupture, envoie sa fille dans un sanatorium en Bavière où elle fait une fausse couche. Déshéritée, Katherine Mansfield continue d’écrire, publie des textes teintés de son expérience, porte le deuil de son frère tué dans la Première Guerre mondiale. Elle apprend être atteinte de la tuberculose en 1917 et épouse John Middleton Murry au printemps d’après. Elle passe dans le sud de la France la fin de sa vie, qui s’achève à l’Institut pour le Développement harmonique de l’Homme de Gurdjieff au Prieuré d’Avon. Ainsi se finit, à 34 ans, sa vie courte, intense et tumultueuse.

La fiction moderniste de Katherine Mansfield, elle, joue avec les limites de l’acceptable en société victorienne et touche à l’indicible : toutes en contrepoints et en sous-entendus, ses narrations suggèrent bien plus qu’elles n’affirment. Le sentiment d’étouffement et l’impossibilité sociale de s’exprimer librement prévalent, comme la fausse joie pleine de déni qui inonde Félicité (Bliss), un de ses textes phares, où une jeune mère piégée dans un mariage d’apparence parfait se consume à singer un bonheur qu’elle ne ressent pas.

Connue pour ses nouvelles, plus rarement sa poésie, Katherine Mansfield privilégie les formes courtes, à l’écriture précise, ciselée et millimétrée. D’une exigence absolue, elle a donné comme consigne que ses écrits inachevés et tout autre qu’elle n’aurait pas destiné à la publication soient brûlés après sa mort. Le plus beau compliment que l’on évoque sans cesse sur sa plume est qu’elle seule réussit à susciter l’envie de Virginia Woolf (1882-1941), qui écrivit dans son journal à son décès, tel un aveu : « Elle avait la vibration. »

Dans la pièce d’Alma De Groen, nous découvrons une Katherine Mansfield diminuée par la tuberculose et entravée dans son processus créatif. Elle décide en dernier recours, contre l’avis de son époux, de consulter le mystique Gurdjieff et de se joindre à sa communauté près de Fontainebleau.

À bientôt pour le prochain personnage historique de la pièce,
et que les fractales vous soient propices !

Harmony

NB : Vous travaillez dans le monde du spectacle ou de l’édition,
vous êtes directrice ou directeur de théâtre,productrice ou producteur,
metteuse ou metteur en scène, comédienne ou comédien,
ou bien encore éditrice ou éditeur, et la traduction de cette pièce pique votre curiosité ?
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et me demander une copie du texte français.

Si vous êtes spectateur ou spectatrice potentiel·le
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